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Un jour, Philippe Saltet, designer produit pour Moulinex, est venu nous voir pour nous proposer de participer à un concours dans lequel seraient engagés deux studios de design graphique (sans doute avions-nous une déjà bonne réputation dans le "marquage produit"). Moulinex voulait lancer une "Gamme Bébé", le concours serait rémunéré. Nous avions du travail par dessus la tête (à l'époque on travaillait sur les graphismes de la nouvelle gamme de fers à repasser du même fabriquant) mais "on s'est jeté".
Nous avons réuni les meilleurs graphistes et nous avons commencé à fouiller (comme on dit dans le métier). Moulinex nous avait gratifié d'une étude marketing internationale qui faisait ressortir un aspect intéressant : le produit ne concernerait que les primipares (mamans d'un premier enfant), l'achat serait un achat "émotion", essentiellement réalisé par un proche, il devrait être associé à de la tendresse.
Nous avons "débriefé" pendant des heures et s'est imposé à nos esprits une chose évidente: l'aspect tendresse ne pouvait être transmis QUE par un intermédiaire, la peluche que l'on offre à l'enfant et qui produit cette sensation de plaisir à la vue de l'enfant étonné et ravi de cette découverte.
Nous avons fait le tour des magasins pour enfants, acheté 30 peluches, nous avons refait le tour des livres sur les animaux, ... crayonnés, esquissés, ..., re-confrontés nos travaux à l'univers enfant et nous sommes arrivés à une conclusion sous la forme de 3 directions : le dauphin, le kangourou et le pingouin. Et ce choix était volontaire car ces trois animaux ont une relation très étroite avec leur progéniture et c'est encore plus marqué pour le kangourou (la poche) et le pingouin (les petits entre ses pattes).
Et, face à l'autre studio qui avait proposé un écureuil, nous avons gagné avec le Pingouin.
Autant dire qu'avant d'arriver aux dessins finaux, il y a eu encore des mois de travail, de recherche de couleur, de traitement des graphismes pour qu'ils s'adaptent aux contraintes du marquage sur plastique, ... et de travail en synergie avec Philippe, le designer forme, qui revisitaient les bouchons, les poignées, ... et les mises en couleurs.
Nous nous souviendrons toujours de Fabrice : "Les pingouins, j'en ai trop dessiné !". Et il ne savait pas ce qui l'attendait encore !
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