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Chapitre 16 : La clé n°1 pour choisir ses réseaux

S’inscrire dans des réseaux existants est une recommandation courante faite aux porteurs de projet ou entreprises, associations, …

Si je soutiens cette démarche, celle-ci doit toutefois être fondée non sur une simple recommandation mais sur votre réelle appropriation du sujet, mon objectif étant de vous donner les clés pour que votre implication soit bénéfique ET pour ces réseaux ET pour vous-même.

Vous projetez d’entrer, vous venez d’entrer ou vous êtes déjà depuis un moment dans un club dʼentreprises, une association de commerçants, une fédération professionnelle, un réseau professionnel, une communauté dʼacteurs économiques ou écologiques, tout autant que dans un ou plusieurs réseaux sociaux ou professionnels sur internet. Cʼest utile.

Pour simplifier, votre participation se décline en 2 attitudes distinctes :

  1. Vous vous êtes contenté dʼadhérer et vous en avez pour votre argent, en général le droit dʼavoir votre nom dans lʼannuaire des membres et sur le site web du club ; comme dit un de mes amis, cʼest une pub pas chère et, en soi, rien que pour ça, ça vaut déjà le coup.
  2. Vous avez adhéré, vous assistez aux réunions, aux rencontres, vous allez au-devant des autres membres pour faire connaissance, vous vous intéressez à leur boîte, vous apportez votre aide aux leaders du groupe, ... et là, vous allez commencer à entrevoir de réels débouchés, car : “ON VOUS VOIT” ; mais, comme dit un autre de mes amis, ça prend beaucoup de temps et ce nʼest pas sûr que ça rapporte tant que ça.

 

Pourtant, nombre de clubs dʼaffaires, de métiers, voient chaque année des membres les quitter et comptabilisent une énorme quantité de leurs membres qui ne contribuent pratiquement jamais aux activités ou au développement du club.


 

Alors, pourquoi des membres sʼen vont-ils chaque année ?

Et pourquoi la “non-participation active” est-elle si répandue ?

De la faute des Clubs ?

De la faute de leurs parrains (ceux qui les ont convaincus dʼy entrer) ?

 

Pourquoi, aussi, nombre de ceux qui sʼy impliquent finissent par se décourager ?

De la faute du trop grand nombre qui eux ne sʼimpliquent pas ? Vous savez ce leitmotiv que lʼon entend de la part de ceux qui sʼimpliquent : “Pouh ! Les gens ne sont pas ou plus impliqués” !

De la faute de lʼencadrement des Clubs ?

Parce que ceux qui sʼimpliquent ne seraient pas assez pugnaces ?

Parce qu’ils finiraient par réaliser que lʼinvestissement est trop lourd par rapport au retour obtenu ?

 

Eh bien, jʼai une réponse et elle se résume dans la caractéristique suivante :

 

Le réseau est très souvent (toujours ?) sous-tendu par une intention très différente de celles qui sont publiquement annoncées. Ce qui vous apparaît comme sa raison dʼêtre - et les bénéfices que vous êtes censé en retirer en en faisant partie - sont trop souvent une façade pour inciter à venir grossir le nombre dʼadhérents et crédibiliser l’objectif sous-tendu.

Pour développer, je dirais que cette intention non dévoilée, parfois oubliée, parfois difficile à décrypter, parfois même peu avouable, peut provenir soit de lʼidée dʼorigine de la création du réseau, soit, pire, sʼêtre imposée comme un état de fait dans le temps.

Quoi quʼil en soit, lʼintention - cʼest-à-dire lʼidée initiatrice dans le sens du Business Model - nʼest plus ou pas visible. Toutes justifications que l’on vous exposerait de lʼintérêt dʼen faire partie, ne sont plus alors que des bénéfices secondaires, eux-mêmes justifiés par une idée du type : “On a besoin dʼeux et en échange de leur présence on leur donnera ça”.

En d’autres termes, vous avez adhéré à la promesse de bénéfices que vous avez cru être principaux. Or, pour le réseau en question, ce ne sont que des bénéfices destinés à vous inciter à adhérer.

 

Avant d’illustrer mon propos, jʼaimerais ajouter la conséquence de cette caractéristique :

 

Pour tirer pleinement profit de sa participation à un réseau, il faut être totalement conscient de sa vraie raison dʼêtre et des bénéfices possibles de la contrepartie de sa participation.

Et, toujours pour développer, ceci est important parce que si lʼon découvre que certaines actions du club ou de leaders du club semblent aller dans un sens différent de celui que lʼon avait compris, au minimum, on sera interloqué, au pire on sera très fâché.

De cette conséquence, on pourrait conseiller à chacun :

 

  • soit de faire vraiment lʼanalyse du réseau dans lequel on entre pour essayer de découvrir ce qui est sous-tendu, dʼévaluer la vraisemblance des bénéfices affichés en interrogeant les membres, d'évaluer aussi les conditions dʼacquisition de ces bénéfices affichés, et sʼil existe vraiment un ou des bénéfices dont les conditions vous conviennent, dʼéchafauder une stratégie qui ne risque pas de se mettre en opposition avec cette intention non affichée, voire qui sʼy associe (mais attention de ne pas apparaître trop ambitieux car, plus lʼintention sous-tendue est inavouable, plus vous risquez dʼapparaître comme un obstacle).
  • soit dʼy aller à petits pas et de ne sʼy investir quʼaprès une bonne période dʼobservation, dʼincubation, de découvrir ou supposer lʼintention sous-tendue et de faire comme évoqué au point précédent.

 

 

Illustrons maintenant la caractéristique et ses conséquences :

 

Si vous me le permettez, je ne le ferai que sous forme de questions et vous laisserai le soin de vous figurer les différents scénarios de votre implication dans de tels cas.

 

Combien de Clubs dʼEntreprises ont été lancés sur lʼinitiative dʼinstitutions locales : mairies, cantons, départements, chambres de commerces, ... ?

Combien de Fédérations professionnelles ont été initiées par des acteurs politiques ou en passe de le devenir ?

Combien dʼassociations sont devenues des “tremplins” aux élections locales ?

Combien d’associations encore n’existent que pour présenter l’avantage de n’avoir qu’un interlocuteur unique en la personne du Président, le point de vue de l’Assemblée Générale étant relégué au second plan ?

Combien de réseaux professionnels ont été établis par des gens qui souhaitaient développer leur réputation en vue de leurs propres intérêts professionnels ?

Et, au risque de passer pour un “Machiavel”, juste une petite dernière :

Combien de réseaux sociaux ou professionnels sur internet ont été montés dans le but dʼavoir un maximum de visiteurs et de retirer de leurs visites un maximum de revenus de la publicité ?

 

Mon intention, bien évidemment, nʼest pas de vous décourager dʼutiliser la richesse des réseaux, mais plutôt dʼaider à faire fonctionner la maxime : “une femme ou un homme averti en vaut deux !” et de rappeler une bonne base de fonctionnement :

Cherchez à comprendre le Business Model du réseau auquel vous envisagez de vous rallier et évaluez vos capacités à atteindre vos propres objectifs ou ceux de votre cause avant de déchanter. Si vous ne lʼavez pas encore fait, il nʼest jamais trop tard pour le faire.

 

En termes Marketing : le Business Model du réseau doit se trouver aligné sur votre propre Business Model.

 

Luc-Olivier Lafeuille

 


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